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Fiche d'information

La marche sur Ottawa, 1935

Avez-vous déjà suivi un marathon? Il arrive qu'on s'intéresse tellement à la course qu'on a l'impression d'en être. Plus d'un millier de chômeurs suscitèrent une réaction semblable auprès du public canadien durant la Grande Dépression, lorsqu'ils quittèrent Vancouver pour Ottawa à bord de wagons couverts en 1935, protestant en route contre le manque d'emplois et les conditions de travail injustes.

L'idée de marcher sur Ottawa est née en Colombie-Britannique, dans les camps de secours pour chômeurs institués par le gouvernement fédéral. Le Premier ministre R.B. Bennett avait créé ces camps pour éloigner des villes les hommes célibataires -- le groupe de chômeurs le plus susceptible de causer des problèmes. Les hommes acceptaient d'aller « volontairement » dans ces camps éloignés lorsqu'ils se rendaient compte que c'était la seule façon pour eux de ne pas mourir de faim. Là, en échange d'un abri humide, de quelque nourriture de base et d'une indemnité de 20 ¢ par jour, ils bâtissaient des routes, coupaient des arbres dans les parcs et exécutaient d'autres travaux publics.

Les travailleurs voulaient des emplois, pas du secours. Ils déploraient les conditions inqualifiables qui régnaient dans les camps, des conditions fondées sur la présomption que le chômage était une conséquence de la paresse. Leur protestation alla droit au coeur d'un pays frustré par six longues années de crise économique.

Contrairement à ce que les politiciens avaient prédit, les marcheurs ne se dispersèrent pas après avoir franchi les Rocheuses et être arrivés dans les Prairies. Au contraire, leurs rangs grossirent et ils s'attirèrent la sympathie du public, en plus d'obtenir de la nourriture et de l'aide. Dans sa progression vers l'est, le mouvement risquait de dégénérer en confrontation majeure. Craignant de graves désordres civils, l'administration fédérale décida d'intervenir : des agents de la paix furent massés à Regina et, le 1er juillet 1935, ils s'attaquèrent aux marcheurs réunis dans un marché de la ville.

L'émeute de Regina mit en relief les perceptions différentes qu'avaient le gouvernement et le peuple de la Crise. Si l'émeute eut pour effet de retarder la marche sur Ottawa, la volonté de négocier et la bonne conduite des marcheurs leur conserva le respect du public. Les efforts de conciliation du gouvernement de la Saskatchewan calmèrent considérablement les esprits et les tentatives de l'administration fédérale pour reléguer le mouvement au rang de complot communiste ourdi par l'étranger n'eurent guère de succès lorsqu'on apprit que beaucoup des « émeutiers » étaient en fait des citoyens ordinaires venus appuyer la cause des marcheurs. La marche sur Ottawa était devenue un symbole de protestation pour toutes les victimes de la Crise.

La marche sur Ottawa marqua un point tournant dans l'attitude des Canadiens par rapport au rôle et à la fonction du gouvernement en matière de politique sociale. Elle permit de constater que le Canada était désormais une nation urbaine et industrielle avec de nouveaux besoins, et elle signala la fin d'une ère agricole et rurale où la population était en mesure d'assurer sa subsistance même quand les temps étaient difficiles. Avec la nouvelle économie, un travailleur pouvait perdre son gagne-pain sans avoir rien fait pour le mériter. Le gouvernement devait intervenir pour amortir le choc. La marche sur Ottawa démontra la nécessité d'un regroupement fondamental pour assurer la stabilité sociale du Canada.


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